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Ado

L'adolescent qui fugue ou menace de partir : comment réagir sans aggraver

Adolescent en situation de fugue, illustration de la détresse et de l'appel à l'aide

La fugue adolescente est un phénomène plus fréquent qu'on ne le pense : plusieurs dizaines de milliers d'adolescents fuguen chaque année en France. Loin d'être un simple caprice, c'est presque toujours un signal de détresse qui mérite d'être entendu. Comment réagir dans l'urgence, et comment traiter la situation sur le fond pour éviter la récidive ?

Comprendre pourquoi un adolescent fugue

La fugue n'est presque jamais une décision froide et planifiée. C'est généralement une réponse à un état de souffrance intense que l'adolescent ne voit pas d'autre moyen d'exprimer ou de fuir. Les raisons les plus fréquentes : un conflit familial perçu comme insurmontable, une situation de violence (physique, psychologique, sexuelle) au sein du foyer, une souffrance scolaire intense (harcèlement, résultats), une relation amoureuse très investie, un trouble de santé mentale non traité (dépression, addiction).

Les menaces de fugue répétées sans passage à l'acte peuvent être une façon de tester les réactions parentales, de mesurer si ses parents lui accorderaient de l'importance et le rechercheraient. Ce n'est pas un appel à bluffer, c'est un appel à être entendu.

En cas de fugue : que faire immédiatement

Signaler la disparition à la police ou gendarmerie dès que la fugue est constatée, sans attendre 24h : le délai des 24 heures est un mythe, on peut déclarer la disparition immédiatement. Les mineurs fugueurs bénéficient d'une prise en charge prioritaire.

Tenter de contacter l'adolescent ou ses amis proches. Prévenir les personnes qu'il pourrait avoir rejoint (amis, famille élargie). Rester disponible et accessible si l'adolescent choisit de revenir ou d'appeler.

Le numéro national pour les enfants en danger est le 119, accessible 24h/24. Il peut aussi être un point de contact pour les adolescents en difficulté qui veulent trouver de l'aide.

Au retour : ne pas réagir dans la punition

La tentation à l'issue d'une fugue est de sanctionner lourdement. C'est compréhensible (la peur transformée en colère), mais contre-productif. Un adolescent sévèrement puni au retour d'une fugue a moins de raisons de ne pas fuguer à nouveau.

Le retour est d'abord un moment de retrouvailles et d'écoute. Exprimer son soulagement, sa peur, sans accusation. Puis, quand les émotions se sont apaisées, ouvrir une conversation sur ce qui a amené à cette extrémité.

Le travail de fond

Une fugue est presque toujours le symptôme d'une situation familiale ou personnelle qui demande attention. Un accompagnement par un professionnel (psychologue, éducateur spécialisé, médiation familiale) est souvent nécessaire après une fugue pour traiter les causes profondes plutôt que les symptômes.